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Success Story #5 - Jean -François Cerise, dirigeant

Success Story #5 - Jean -François Cerise, dirigeant

Aujourd'hui paraît la 5e entrevue du programme de Success Stories qui a pour objectif de mettre en valeur les anciens élèves de notre école à travers d'interviews présentant leur parcours.

Pour ce cinquième témoignage, Sylvie Gervais a pu s'entretenir avec Jean-François Cerise, ancien élève de la promotion Electronique 1979, au temps où l‘école s’appelait Ecole Nationale de Radioélectricité de Bordeaux.

 

Merci Jean-François d’avoir accepté cette interview. Pourrais-tu te présenter en quelques mots:

Bonjour, Je suis Jean François Cerise, j’ai 62 ans et je dirige la société Cerise Techniques. J’ai  4 filles dont 3 qui travaillent actuellement au sein de l’entreprise Je suis natif de Dordogne et mes origines ne me prédisposaient pas forcément à devenir chef d’entreprise.

 

Comment as-tu intégré l’école ?

Etudiant à l’Université de Bordeaux1 (université de sciences) j’ai présenté un concours, appelé concours Deug pour entrer à l’ENSERB. La première année a été très difficile car j’avais des lacunes en maths notamment, mais au fil du temps, et avec du travail, j’ai rattrapé le niveau des élèves venant de prépas. En 1979 il n’y avait qu’une seule filière à l’école, la filière électronique et on ne faisait qu’un seul stage de septembre à décembre. J’ai effectué ce stage chez IBM à Canéjan

 

De quelle façon as-tu commencé ta vie professionnelle ?

Après mon service militaire, j’ai trouvé mon premier poste chez Crouzet (devenue une filiale de Thales) à Valence, une grosse structure avec des beaux projets sur des équipements de satellites. Malheureusement  l’activité spatiale à été freinée et j’ai donc décidé de quitter Crouzet pour rentrer chez Turbmoméca à Pau, en qualité de responsable du service électricité/automatismes du Département Turbines Industrielles pour le secteur du pétrole entre autres. J’ai beaucoup apprécié cette expérience. Mais là aussi, la direction ne souhaitant pas s’investir plus que ça dans ce domaine j’ai pris la décision de quitter l’entreprise. 

 

C’est alors que tu as décidé de devenir chef d’entreprise...

Oui, ces deux expériences professionnelles qui ont tourné court, m’ont donné le déclic pour voler de mes propres ailes. Très tôt, j’ai eu envie de créer. Pour l’anecdote, alors que j’étais en 3e année à l’ENSERB, j’ai fabriqué un programmateur d’arrosage automatique. J’en ai même vendu quelques uns !!

J‘ai donc saisi une opportunité dans ma région d’origine au travers d’une entreprise de chauffage qui allait fermer.

 

Quelle a été l’évolution de la société que tu as créée ?

J’ai donc créé Cerise Technique en 1994 avec les quelques salariés qui allaient être licenciés. Deux ans plus tard en 1996, le marché des pompes à chaleur géothermiques s’est ouvert, et j’en ai profité pour développer mon activité dans ce domaine assez éloigné du monde de l’électronique ! Je me suis rapidement entouré d’une force de vente et d’un service technique conséquent. De 1996 à 2002 on a fait de très belles installations, très variées et sur toute l’Aquitaine.

Puis l’activité a baissé avec l’arrivée des pompes à chaleur aérothermiques. Et il a fallu s’adapter à ce nouveau marché, ce que nous avons fait avec un certain succès.

A partir de 2008, le photovoltaïque s’est développé notamment parce que les produits étaient moins chers et les aides publiques très intéressantes pour les investisseurs. On a donc ouvert une entité dédiée à cette activité, avec là aussi un staff conséquent. Mais en 2010, le gouvernement a mis un frein aux tarifs très avantageux, ce qui fait que le marché s’est retourné entraînant l’arrêt de centaines d’entreprises qui s’étaient créées sur cette seule activité.

Et on a dû très rapidement dès 2011 restructurer l’entreprise. On y est arrivé, même si ça a été douloureux. C’est à ce moment là qu’il faut garder le moral, avoir la tête  sur les épaules. Quand on est chef d’entreprise,  Il  faut savoir qu’un trou d’air peut arriver à n’importe quel moment, que l’on doit s’adapter au marché qui bascule et aux impacts technologiques qui peuvent bouleverser la donne.

Depuis un an, le marché du photovoltaïque rebondit car le nouveau gouvernent a souhaité le dynamiser notamment avec l’autoconsommation. Ainsi le particulier peut s’équiper, consommer sa propre électricité et même revendre le surplus. Je suis optimiste pour ce secteur. Les gens sont demandeurs d’une énergie propre et veulent faire des économies.

Il faut faire confiance à nos ingénieurs, car la France à des atouts et un grand sens de  la créativité. Des produits innovants vont sortir, surtout du côté des panneaux. La gestion de l’énergie domestique en lien avec la domotique, le système de stockage de l’énergie ; tout ça bouillonne et la France a de belles choses à faire dans ce domaine.

 

Avec le recul, quels sont les enseignements qui t’ont le plus servi ?

Je pense que c’est le fait de voir les projets dans leur intégralité, d’acquérir un bon esprit d’analyse et de synthèse. En plus bien évidemment de toute la formation technique qui est poussée à l’ENSERB.

 

Quels sont les manques dans ta formation ?

Je regrette de ne pas avoir eu de cours de programmation, alors que j’en aurais eu besoin très souvent. Et surtout de n’avoir eu qu’un seul module de gestion, bien trop court.

Cette formation est indispensable. Et si j’avais un conseil à donner aux élèves c’est de ne pas sécher ces cours de management. Ils sont impératifs pour concevoir des produits qui se vendent, pour calculer ses coûts, mais aussi pour gérer du personnel.

 

J’espère que les élèves entendront ce conseil. Justement en aurais-tu d’autres pour un jeune qui souhaiterait se lancer ?

Mon premier conseil, c’est de bien caler ses finances et de faire un business plan qui ne soit pas trop optimiste. Il faut aussi s’entourer d’investisseurs car je pense qu’il vaut mieux être minoritaire mais en bonne santé que majoritaire à deux doigts de déposer le bilan.

 

En deux mots, les bons et mauvais cotés pour un chef d’entreprise ?

Pour les bons cotés : l’indépendance et la liberté, même si elles sont toutes relatives. Et bien sûr  la satisfaction de créer et voir grandir « sa chose », c’est très valorisant.

Les mauvais : le plus difficile est de supporter les aléas de la conjoncture, et de gérer la grande quantité de travail souvent au détriment de la vie familiale, ce n’est pas toujours facile de concilier les deux.

 

Quels profils souhaites-tu recruter ?

Je n’ai pas d’ingénieurs enseirbiens mais j’ai eu un stagiaire de 2e année. Je recherche surtout un profil qui aime le terrain, qui est polyvalent et qui a une vision transversale.

Notre plus gros inconvénient pour recruter c’est notre situation géographique. Malgré des salaires plus que corrects et des formations régulières et de bon niveau, c’est difficile d’attirer les jeunes à  la campagne, aussi belle soit-elle.

 

Pourrais-tu nous parler de ton engagement dans les réseaux de ta profession ?

J’ai des responsabilités au niveau de la Fédération Française du Bâtiment où je suis président de la commission thermodynamique. Ça me permet d’apporter à mes collègues de l’information de bonne qualité et pour la profession en général ça permet de sécuriser les installations qui sont réalisées par les confrères.

Je siège au Conseil d’Administration à l’Association Française des Pompes à Chaleur où je représente les installateurs, et à Qualit’EnR, association qui délivre les qualifications aux installateurs dans les domaines de l’énergie renouvelable. Mes collègues et moi avons également pour mission d’éradiquer les éco-délinquants de la profession au travers des commissions de travail avec les ministères concernés.

 

Et dans d’autres réseaux ?

Il faut se rapprocher au plus tôt de l’Aidem et des gens qui sont dans la même mouvance. Il faut se mettre en réseau même si on ne fait pas de business, c’est intéressant pour ne pas être seul dans son coin, quand on a des soucis c’est beaucoup plus facile.  Il faut adhérer à des structures et participer, même si ce n’est que pour boire l’apéro...

 

Merci beaucoup pour cette interview et bonne continuation à tes filles qui se préparent à reprendre cette affaire familiale.